Alternatives à Wave : les meilleures options de mobile money en Afrique francophone en 2026

By: Folly Marcel HOUNHOUENOU

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Vous avez ouvert un compte Wave, vous appréciez ses frais de 1 % sur les transferts, mais un jour ou l’autre, une question finit par se poser. Que faire quand un proche n’a que du Orange Money ? Que faire en Guinée, où Wave vient tout juste de poser ses valises face à des acteurs installés depuis longtemps ?

Le marché du mobile money en Afrique francophone ne se résume plus à un seul pingouin bleu. Il s’est complexifié, densifié, et surtout réglementé de façon plus stricte ces deux dernières années.

Cet article fait le point sur les véritables alternatives à Wave disponibles aujourd’hui, ce qui les distingue réellement les unes des autres, et comment la nouvelle réglementation régionale change la donne pour tous les utilisateurs, qu’ils soient à Abidjan, Dakar ou Conakry.

Comprendre le marché avant de choisir une alternative

Avant de comparer des applications, il faut comprendre le cadre dans lequel elles évoluent, car il diffère selon les pays. Dans les huit pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), c’est la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui encadre l’ensemble des émetteurs de monnaie électronique et des établissements de paiement, via l’Instruction n°008-005-2015 puis, plus récemment, l’Instruction n°001-01-2024 relative aux services de paiement.

La Guinée n’appartient pas à cette zone. Le pays a sa propre monnaie, le franc guinéen, et son propre régulateur, la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), qui encadre les émetteurs de monnaie électronique via la Loi Ordinaire L/2017/031/AN du 4 juillet 2017 relative aux Institutions Financières Inclusives. C’est sous ce cadre que Wave a d’ailleurs obtenu son agrément guinéen, comme le précise sa propre documentation légale.

Autre évolution récente et structurante : la BCEAO a lancé le 30 septembre 2025 sa Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI), qui doit permettre à terme d’envoyer de l’argent d’un portefeuille Wave vers un compte Orange Money ou une banque, sans passer par des solutions tierces.

Au 2 avril 2026, 80 établissements y étaient déjà connectés, dont 59 banques et 9 émetteurs de monnaie électronique, et la connexion devient obligatoire pour tous les acteurs de l’Union au 30 juin 2026. Autrement dit, la question du choix entre Wave et ses concurrents va évoluer : l’un n’exclura plus l’autre.

Cette mise en contexte est utile parce qu’à l’échelle du continent, l’enjeu dépasse largement Wave. Selon le State of the Industry Report on Mobile Money 2026 de la GSMA, les transactions de mobile money ont franchi les 2 000 milliards de dollars dans le monde en 2025, dont 1 400 milliards rien qu’en Afrique subsaharienne, soit les deux tiers du volume mondial. C’est ce terrain qui accueille les alternatives présentées ci-dessous.

Orange Money : l’acteur historique à la couverture la plus large

Alternatives à Wave

Lancé en 2008 en Côte d’Ivoire, Orange Money reste la solution la plus répandue géographiquement. Selon les chiffres communiqués par le groupe Orange fin 2025, le service est disponible dans 17 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, compte plus de 47 millions d’utilisateurs actifs, et a traité 196 milliards d’euros de transactions sur l’année.

Pour un utilisateur de mondesbanques.com, l’intérêt principal d’Orange Money tient à sa présence quasi systématique dès qu’on sort des quatre ou cinq pays où Wave est solidement implanté. C’est notamment le cas en Guinée, où Orange Money fait partie des deux ou trois opérateurs historiques du marché, aux côtés de MTN Mobile Money et de l’opérateur local Cellcom.

Sa contrepartie est connue : les frais de retrait et de transfert d’Orange Money restent, dans la plupart des pays, supérieurs à ceux de Wave sur les petits montants, même si l’écart se resserre sur les transferts internationaux, un segment où Orange Money capitalise sur ses cinquante corridors de transfert entre l’Afrique et l’international.

MTN Mobile Money (MoMo) : solide dans les marchés à double présence télécom

Alternatives à Wave

MTN Mobile Money, plus connu sous le nom de MoMo, est disponible dans une quinzaine de pays où le groupe sud-africain MTN opère, du Ghana à l’Ouganda en passant par le Cameroun et la Côte d’Ivoire. C’est en zone anglophone que MoMo est le plus dominant, mais sa présence en Côte d’Ivoire et en Guinée en fait une alternative crédible à Wave pour les francophones aussi.

MTN a d’ailleurs annoncé, en juin 2026, un partenariat technologique avec la filiale d’Alipay pour transformer MoMo en super-application, avec un lancement pilote prévu au Nigeria dès le troisième trimestre 2026. L’ambition affichée : regrouper paiements, épargne et services du quotidien dans une seule interface, plutôt qu’un simple portefeuille de transfert.

Pour un utilisateur ivoirien ou guinéen, MoMo se distingue surtout par la stabilité de son réseau et par des partenariats commerciaux locaux, mais reste, comme Orange Money, un service historiquement plus cher que Wave sur les petites transactions du quotidien.

Moov Africa Money : l’option complémentaire dans l’espace UEMOA

Alternatives à Wave

Moov Africa Money, propriété du groupe marocain Maroc Telecom, couvre le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Togo et le Burkina Faso, avec des transferts possibles entre ces pays de l’UMOA directement depuis l’application. Le service permet aussi les opérations banque vers portefeuille et inversement, le paiement de factures d’électricité et d’eau, ainsi que le paiement d’abonnements comme Canal+.

Moov Money n’a pas la même envergure médiatique que Wave ou Orange Money, mais il reste une option pertinente pour qui a besoin de transferts entre plusieurs pays de la zone UMOA sans multiplier les comptes, notamment pour les clients déjà abonnés au réseau mobile Moov Africa.

Alternatives à Wave : les fintechs qui bousculent le trio historique

Depuis l’entrée en vigueur de l’Instruction n°001-01-2024 de la BCEAO, une nouvelle catégorie d’acteurs, les établissements de paiement, a émergé aux côtés des opérateurs télécoms. Au 28 février 2026, la BCEAO recensait 31 établissements de paiement agréés dans l’UMOA, dont 9 en Côte d’Ivoire : Djamo, Julaya, CinetPay Africa, Feexpay, Syca, Touchpoint Financial Services, FirstCom Global Payments, Dunya Digital Payment et Paymetrust.

Djamo, créée en 2020 à Abidjan par Hassan Bourgi et Régis Bamba, s’est d’abord fait connaître comme néobanque avant d’être également enregistrée comme établissement de monnaie électronique par la BCEAO. Elle propose des paiements locaux et transfrontaliers avec une carte Visa virtuelle, et s’est depuis étendue au Sénégal. Julaya, de son côté, cible plutôt les entreprises avec des services de paiement B2B et de gestion de trésorerie.

Ces fintechs ne remplacent pas encore Wave ou Orange Money pour l’usage quotidien de transfert entre particuliers, mais elles élargissent la palette d’options, en particulier pour les indépendants et les petites entreprises qui cherchent des outils de gestion de flux plus poussés qu’un simple portefeuille mobile.

La Guinée : un marché à part où Wave vient d’arriver

La situation guinéenne mérite un traitement séparé, car elle inverse la logique habituelle. Alors qu’en Côte d’Ivoire ou au Sénégal, Wave est un acteur installé qui a forcé ses concurrents à baisser leurs tarifs, en Guinée, c’est Wave qui arrive en dernier sur un marché déjà structuré autour d’Orange Money, de MTN Mobile Money et de l’opérateur local Cellcom.

Wave Mobile Money a obtenu sa licence guinéenne courant 2025 et a commencé son déploiement opérationnel à Conakry en 2026, sous le statut d’émetteur de monnaie électronique agréé par la BCRG. Sa société guinéenne, immatriculée à Conakry, reprend la même promesse commerciale qu’ailleurs : des frais de transfert autour de 1 %, contre des tarifs souvent plus élevés chez les opérateurs historiques.

Pour un lecteur guinéen de mondesbanques.com, cela signifie qu’Orange Money et MTN Mobile Money restent aujourd’hui les solutions les plus répandues et les mieux implantées en termes de points de dépôt et de retrait, tandis que Wave représente une alternative encore en phase de déploiement, à surveiller dans les prochains mois à mesure que son réseau d’agents s’étend.

Quelle alternative choisir selon votre profil

Le choix d’une alternative à Wave dépend moins d’un classement général que de la situation concrète de chaque utilisateur.

Si vous envoyez de petits montants fréquemment en Côte d’Ivoire ou au Sénégal, Wave reste difficile à battre sur le prix, mais garder un second compte Orange Money ou MTN Mobile Money évite d’être bloqué quand un proche n’utilise que ce service. C’est d’ailleurs une pratique déjà répandue chez de nombreux commerçants, qui préfèrent accepter plusieurs opérateurs plutôt que de perdre une vente.

Si vous êtes commerçant ou entrepreneur, la question de l’interopérabilité prend tout son sens avec l’arrivée de la plateforme PI-SPI de la BCEAO. En attendant sa généralisation complète, disposer de comptes chez plusieurs opérateurs, ou passer par un agrégateur, reste la solution la plus pragmatique pour ne fermer la porte à aucun client.

Si vous êtes en Guinée, Orange Money et MTN Mobile Money restent pour l’instant les choix les plus sûrs en termes de couverture d’agents, sachant que l’arrivée de Wave pourrait, comme cela s’est produit ailleurs sur le continent, entraîner une baisse progressive des tarifs chez les acteurs historiques.

Si vous gérez une petite entreprise avec des besoins de trésorerie ou de paiements fournisseurs, des fintechs agréées comme Djamo ou Julaya apportent des fonctionnalités que Wave, MTN ou Orange Money ne couvrent pas nativement, en particulier sur la gestion de comptes multiples ou les virements groupés.

Foire aux questions

Wave est-il disponible dans tous les pays d’Afrique francophone ? Non. Wave opère aujourd’hui dans une dizaine de marchés, principalement le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, la Gambie, le Niger, l’Ouganda et le Cameroun, avec un déploiement récent en Guinée. De nombreux pays francophones, notamment en Afrique centrale, n’ont pas encore accès au service.

Quelle est l’alternative à Wave la moins chère pour les petits transferts ? Sur les transferts de personne à personne pour de petits montants, Wave affiche généralement les frais les plus bas du marché grâce à sa commission de 1 %, dépôts et retraits gratuits. Orange Money et MTN Mobile Money appliquent des grilles tarifaires variables selon les pays, souvent plus élevées sur les petits montants mais parfois plus avantageuses sur de très gros transferts. Il est conseillé de vérifier la grille tarifaire en vigueur auprès de chaque opérateur, car ces conditions évoluent régulièrement.

Peut-on transférer de l’argent directement entre Wave et Orange Money ? Pas encore de façon native et généralisée à ce jour, mais cela change. La plateforme PI-SPI de la BCEAO, lancée en septembre 2025 et rendue obligatoire pour tous les établissements financiers de l’UEMOA au 30 juin 2026, vise justement à permettre des transferts instantanés entre comptes de nature différente, qu’il s’agisse de banques, d’émetteurs de monnaie électronique ou d’établissements de paiement.

Wave est-il réglementé de la même façon dans tous les pays où il opère ? Non. Dans les pays de l’UEMOA, Wave est agréé comme établissement de monnaie électronique par la BCEAO. En Guinée, qui n’appartient pas à cette zone, Wave est agréé séparément par la Banque Centrale de la République de Guinée, sous un cadre légal guinéen distinct.

Quelle solution privilégier en Guinée aujourd’hui ? Orange Money et MTN Mobile Money restent les réseaux les plus étendus en nombre de points de dépôt et de retrait en Guinée, Wave étant arrivé plus récemment et son réseau d’agents étant encore en construction au moment de la rédaction de cet article.

Les fintechs comme Djamo ou Julaya remplacent-elles Wave pour un usage courant ? Pas directement. Elles ciblent des usages différents, la gestion de compte au quotidien avec carte Visa virtuelle pour Djamo, les paiements et la trésorerie B2B pour Julaya, plutôt que le transfert d’argent de particulier à particulier qui reste le cœur de métier de Wave.

En résumé

Le marché du mobile money en Afrique francophone n’est plus un face-à-face entre un trublion et des opérateurs historiques. C’est un écosystème à plusieurs vitesses, avec Orange Money et MTN Mobile Money en têtes de pont géographiques, Moov Money en complément dans la zone UMOA, une nouvelle génération de fintechs agréées comme Djamo et Julaya, et une Guinée qui vit sa propre dynamique avec l’arrivée récente de Wave sur un marché déjà installé.

La vraie question à se poser n’est donc plus seulement « quelle application choisir », mais « quelle combinaison d’outils correspond à mes usages », en gardant un œil sur la généralisation de l’interopérabilité promise par la BCEAO d’ici fin juin 2026.

Si vous cherchez à comparer plus en détail les solutions bancaires disponibles en Côte d’Ivoire, notre guide sur l’ouverture d’un compte bancaire en Côte d’Ivoire et notre comparatif des meilleures banques d’épargne en Côte d’Ivoire complètent utilement cette lecture, tout comme notre article sur les solutions de crédit rapide en Côte d’Ivoire pour les besoins de trésorerie ponctuels.

Sources

  • BCEAO, Instruction n°008-005-2015 régissant les conditions et modalités d’exercice des activités des émetteurs de monnaie électronique dans les États membres de l’UMOA
  • Wave Mobile Money, Conditions Générales d’Utilisation (Guinée), wave.com
  • Orange, communiqués et données chiffrées Orange Money 2025 (orange.com, agenceecofin.com, abcbourse.com)

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