Comment fonctionne le système bancaire ?
Cet article est basé sur une synthèse et un croisement d’informations issues de sources publiques fiables. Il a une vocation informatif et pédagogique et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les investissements comportent des risques de perte en capital. En cas de doute, il est recommandé de consulter un professionnel qualifié.
Déposer son argent, payer par carte, obtenir un crédit immobilier, financer une entreprise ou sécuriser son épargne reposent sur une mécanique invisible mais essentielle. Le système bancaire ne se contente pas de conserver l’argent. Il organise la circulation des capitaux, crée du crédit, soutient l’économie et protège les déposants grâce à un cadre réglementaire strict. Dans les pays francophones d’Afrique, son fonctionnement repose sur les mêmes piliers : intermédiation financière, supervision par une banque centrale, règles prudentielles et contrôle des risques.

Comprendre cette architecture permet de mieux saisir d’où vient l’argent prêté, comment les banques gagnent leur vie et pourquoi leur stabilité est cruciale pour toute l’économie.
Le rôle central des banques dans l’économie
Une banque agit d’abord comme intermédiaire entre ceux qui ont de l’épargne et ceux qui ont besoin de financement. Elle collecte les dépôts des ménages et des entreprises, puis transforme ces ressources en crédits pour financer l’achat d’un logement, un projet professionnel ou des investissements publics.
Ce mécanisme de transformation est le cœur du métier bancaire. Les établissements mobilisent l’épargne disponible, l’allouent vers des secteurs productifs et soutiennent ainsi la croissance économique. Cette fonction d’intermédiation s’accompagne d’un pouvoir de création monétaire. orsqu’une banque accorde un prêt, elle crée de la monnaie scripturale qui circule ensuite dans l’économie.
Parce que cette activité influence directement la stabilité financière et le financement global de l’économie, les banques occupent une place particulière parmi les entreprises. Pour comprendre quels acteurs dominent ce marché localement, consultez notre classement du top 10 des Meilleures Banques en Côte d’Ivoire. Leur défaillance peut entraîner un risque systémique, c’est-à-dire une contagion à l’ensemble du système économique .
Comment une banque gagne de l’argent ?
Le modèle économique bancaire repose sur une logique simple : prêter plus cher qu’elle ne rémunère les dépôts.
La différence entre les taux d’intérêt perçus sur les crédits et ceux versés aux épargnants constitue la marge d’intérêt. Dans de nombreux marchés africains, cette marge reste élevée, ce qui reflète le coût du risque, la structure oligopolistique des marchés et le manque d’alternatives de financement. Ces marges financent les frais de fonctionnement, les systèmes informatiques, la gestion des risques et la rentabilité des actionnaires.

Les banques complètent leurs revenus avec :
- des commissions (cartes, virements, services digitaux),
- des activités de marché,
- la gestion d’actifs ou l’assurance.
Malgré cette rentabilité, plusieurs systèmes bancaires africains restent peu profonds : le crédit au secteur privé demeure limité, ce qui freine le financement des PME et de l’investissement productif .
La régulation : pourquoi les banques sont si contrôlées
Contrairement à la plupart des entreprises, une banque ne peut pas s’installer librement. Elle doit obtenir un agrément préalable des autorités monétaires. Cette exigence vise à protéger les déposants et à éviter l’entrée d’acteurs fragiles.
Dans l’espace UMOA, par exemple, l’activité bancaire est encadrée par plusieurs autorités :
- la Banque centrale (BCEAO), qui définit la politique monétaire et les règles prudentielles ;
- la Commission bancaire, chargée du contrôle et de la supervision ;
- les autorités ministérielles, qui délivrent les agréments.
Les banques doivent respecter des exigences de capital minimum, des ratios de solvabilité, des règles comptables strictes et un reporting régulier. Toutefois, ces règles varient selon la nature de l’établissement et vous pouvez découvrir ici les différents types de banques et leurs missions spécifiques. Ces normes garantissent leur liquidité, leur solidité financière et la sécurité globale du système .
Le contrôle des risques et la stabilité financière
Une banque gère en permanence trois grands risques :
Le risque de crédit correspond au non-remboursement des prêts. Lorsque les défauts augmentent, les prêts deviennent « non performants » et fragilisent les bilans.
Le risque de liquidité survient lorsque trop de clients retirent leur argent simultanément. La banque doit donc conserver des réserves suffisantes.
Le risque systémique apparaît lorsqu’une faillite menace tout le système bancaire.
Pour limiter ces dangers, les régulateurs imposent des règles prudentielles et encouragent des plans de redressement et de résolution en cas de crise. Le renforcement des cadres juridiques et de supervision est important pour maintenir la confiance des investisseurs et des déposants.
L’inclusion financière et la transformation digitale
Longtemps, l’accès aux services bancaires est resté limité dans de nombreuses régions francophones, surtout pour les microentreprises et les ménages modestes. Depuis une quinzaine d’années, la situation évolue grâce à l’innovation.
Les services bancaires mobiles et les partenariats avec les opérateurs télécoms ont permis de toucher des populations auparavant exclues. Une étude de Afrobarometer montre que 37 % des adultes africains ont un compte bancaire et 60 % ont un compte mobile money. Les paiements digitaux, les portefeuilles électroniques et les services à distance réduisent les coûts d’infrastructure et facilitent l’ouverture de comptes.
Cette transformation favorise l’inclusion financière, mais elle crée aussi de nouveaux défis : protection des consommateurs, cybersécurité, encadrement réglementaire et éducation financière .
La structure du paysage bancaire francophone
Dans plusieurs pays d’Afrique francophone, le secteur a profondément changé ces trente dernières années. Les banques publiques ou étrangères ont progressivement laissé place à des groupes panafricains qui se développent par acquisitions et expansion régionale.
Ces établissements affichent souvent une forte rentabilité, mais soutiennent encore insuffisamment le financement de l’économie productive. Le risque de crédit demeure élevé, ce qui incite parfois les banques à privilégier les titres publics au détriment des prêts aux entreprises.
Ce paradoxe (rentabilité forte mais financement limité du développement) reste l’un des principaux enjeux du système bancaire régional.
Le lien entre banques, États et entreprises
Le fonctionnement du système bancaire ne concerne pas seulement les particuliers. Les banques interviennent ausi dans le financement public.
Lorsqu’elles investissent massivement dans la dette souveraine, elles disposent de moins de ressources pour le secteur privé. Ce phénomène d’« effet d’éviction » peut ralentir la croissance des PME et freiner l’investissement.

À l’inverse, un secteur bancaire solide et diversifié favorise le crédit productif, l’entrepreneuriat et l’emploi. Le développement des marchés obligataires et financiers vise justement à réduire cette dépendance excessive aux banques et à diversifier les sources de financement .
En résumé : comment fonctionne le système bancaire ?
Au quotidien, le cycle est simple :
- les clients déposent leur argent,
- la banque conserve une partie en réserve,
- elle prête le reste sous forme de crédits,
- les intérêts perçus financent son activité,
- les autorités contrôlent en permanence sa solidité.
Mais derrière cette mécanique se cache une infrastructure réglementaire lourde, des technologies avancées et une gestion du risque très encadrée. Sans cette organisation, l’économie moderne ne pourrait pas fonctionner.
Le système bancaire agit ainsi comme le cœur financier de l’économie : il collecte, transforme, sécurise et redistribue l’argent là où il est nécessaire.
Source : BEI I BCEAO I AFDB I Cairn info