Cet article est basé sur une synthèse et un croisement d’informations issues de sources publiques fiables. Il a une vocation informatif et pédagogique et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les investissements comportent des risques de perte en capital. En cas de doute, il est recommandé de consulter un professionnel qualifié.
Une banque n’est pas seulement un coffre-fort moderne. C’est une entreprise financière dont l’objectif est de générer des revenus tout en respectant des règles prudentielles strictes. En Afrique francophone, qu’il s’agisse de groupes panafricains comme Ecobank, UBA ou Bank of Africa, le modèle économique repose sur des mécanismes bien identifiés : intérêts, commissions et services financiers spécialisés.

Comprendre ces sources de revenus permet aux particuliers et aux entreprises de mieux maîtriser leurs coûts bancaires.
La marge d’intérêt : le moteur principal des banques
Le cœur du métier bancaire consiste à collecter les dépôts et à les transformer en crédits.
Lorsqu’un client dépose son argent sur un compte, la banque conserve une partie en réserve conformément aux exigences fixées par des institutions comme la BCEAO en Afrique de l’Ouest ou la BEAC en Afrique centrale. Le reste est utilisé pour financer des prêts : crédits immobiliers, prêts à la consommation, financements d’entreprises ou lignes de crédit commerciales.
La banque rémunère les dépôts à un certain taux et facture les crédits à un taux supérieur. La différence entre les deux constitue la marge d’intérêt. Plus l’écart est maîtrisé et plus le volume de prêts est important, plus les revenus augmentent.
Les taux d’intérêt jouent donc un rôle déterminant. Lorsque les taux sont bas, les entreprises et les ménages empruntent davantage. Le volume de crédits progresse, ce qui soutient la rentabilité. À l’inverse, des taux élevés freinent la demande de financement.
Cependant, prêter comporte un risque. Si l’emprunteur ne rembourse pas, la banque enregistre une perte. En Afrique francophone, où l’accès au crédit reste parfois limité par l’insuffisance d’informations financières fiables, l’analyse du risque est stratégique. Une mauvaise gestion des défauts peut rapidement dégrader les résultats.
Les commissions bancaires : des revenus plus réguliers
Les intérêts dépendent fortement du contexte économique. Les commissions, elles, offrent davantage de stabilité.
Les banques facturent des frais pour de nombreux services du quotidien. Cela inclut la tenue de compte, les transferts d’argent, l’utilisation de cartes bancaires, les retraits hors réseau ou encore les incidents de paiement. Chaque opération génère une petite somme. À grande échelle, ces montants représentent une part significative du chiffre d’affaires.
Avec la digitalisation croissante en Afrique de l’Ouest et centrale, les transactions électroniques, paiements en ligne et partenariats avec des opérateurs de mobile money ont multiplié les flux. Chaque transaction donne lieu à une commission, même faible. Sur des millions d’opérations, cela devient un levier important de rentabilité.
Les revenus des banques reposent donc principalement sur deux piliers complémentaires :
- la marge d’intérêt sur les crédits accordés
- les commissions perçues sur les services bancaires
Ce modèle mixte permet de mieux absorber les fluctuations économiques.
Les activités de marché et d’investissement
Les grandes banques vont au-delà du crédit classique. Elles accompagnent également les entreprises dans leurs opérations financières structurantes.

Lorsqu’une société souhaite lever des fonds, émettre des obligations ou ouvrir son capital à de nouveaux investisseurs, la banque peut intervenir comme intermédiaire. Elle structure l’opération, recherche des investisseurs et perçoit des honoraires en contrepartie.
Dans les espaces UEMOA et CEMAC, le développement progressif des marchés financiers régionaux renforce ce rôle d’intermédiation. Les banques agissent comme passerelles entre les entreprises locales et les investisseurs institutionnels.
Elles peuvent aussi conseiller lors d’opérations de fusion ou d’acquisition. Dans ce cas, leur rémunération est souvent calculée en pourcentage du montant de la transaction. Ces revenus peuvent être élevés, mais ils restent dépendants du dynamisme économique. En période de ralentissement, les opérations se raréfient.
La gestion de patrimoine et les services aux clients fortunés
Dans les grandes capitales africaines, une clientèle à fort pouvoir d’achat recherche des solutions d’investissement, d’optimisation patrimoniale et de diversification.
Les banques proposent alors des services de gestion d’actifs et de conseil personnalisé. Elles facturent des frais de gestion annuels, des commissions sur les placements ou des honoraires de conseil.
Ces revenus présentent un avantage : ils sont relativement stables. Même lorsque le crédit ralentit, les clients patrimoniaux continuent d’investir et de structurer leurs actifs.
Les services spécialisés aux entreprises
Les banques jouent un rôle clé dans le financement du commerce et la gestion de trésorerie des entreprises.
Elles proposent notamment :
- des garanties bancaires et cautions
- des solutions de financement du commerce international
Chaque service donne lieu à des frais spécifiques. Pour les entreprises engagées dans l’import-export, notamment dans les ports stratégiques d’Afrique de l’Ouest, ces prestations sont indispensables. Elles représentent donc une source régulière de revenus pour les établissements bancaires. Toutefois, pour les petites structures, le choix entre une banque traditionnelle ou le microcrédit reste une question stratégique.
La création monétaire : un pouvoir encadré
Une question revient souvent : les banques créent-elles réellement de l’argent ?
Lorsqu’elles accordent un crédit, elles inscrivent une créance à leur actif et créditent le compte du client. Cette opération crée de la monnaie scripturale. Toutefois, cette capacité n’est pas illimitée. Elle dépend du niveau de fonds propres, des ratios prudentiels et des réserves obligatoires imposées par les autorités monétaires.
Les banques ne peuvent donc pas générer de la monnaie sans contrainte. Le cadre réglementaire vise à préserver la stabilité financière et à éviter les excès.
Ce que cela signifie pour les clients en Afrique francophone
Comprendre comment les banques gagnent de l’argent permet d’adopter une approche plus stratégique.
Comparer les frais, négocier les conditions de crédit, surveiller les incidents de paiement et analyser les coûts des services digitaux deviennent des réflexes essentiels. Dans un contexte où la concurrence s’intensifie entre banques traditionnelles et fintechs, les clients disposent d’un pouvoir de négociation croissant.
En Afrique francophone, la bancarisation progresse et les usages évoluent rapidement. Les banques doivent diversifier leurs sources de revenus, maîtriser le risque et investir dans la technologie pour rester compétitives. Derrière chaque service proposé se cache un modèle économique structuré, fondé sur l’équilibre entre intérêts, commissions et expertise financière.
Sources : Corporate Finance Institute I IMF I Word Bank